
Le terme « extrême droite » sert à classer les mouvements, organisations et partis situés à l'extrémité droite de l'échiquier politique, position qui renvoie historiquement à la disposition des sièges dans les assemblées parlementaires. Sa délimitation fait l'objet de débats, y compris parmi les chercheurs. Cette page en présente les usages sans prendre parti.
Le clivage gauche-droite naît de la séance de l'Assemblée constituante de septembre 1789, où les partisans du veto royal se placent à la droite du président. La disposition spatiale devient progressivement une grille de lecture des positions politiques.
Les qualificatifs « extrême droite » et « extrême gauche » désignent d'abord une position relative dans l'hémicycle, avant de devenir des catégories d'analyse.
Au début du vingtième siècle, l'extrême droite française est représentée par des mouvements comme l'Action française, nationaliste et monarchiste, dont la doctrine comportait des éléments racistes et antisémites.
Le terme est également associé aux régimes vaincus en 1945 : le fascisme italien et le national-socialisme allemand, dont les caractéristiques, parti unique, culte du chef, palingénésie nationale, violence politique organisée, ont été analysées par une abondante littérature historique.
Les héritages de la période de Vichy, du poujadisme et de l'opposition à la décolonisation ont ensuite alimenté les recompositions françaises de l'après guerre.
Les politistes qui travaillent sur ces familles politiques emploient généralement un faisceau de critères plutôt qu'une définition unique.
Le nativisme, c'est-à-dire l'idée que l'État devrait être habité exclusivement par les membres du groupe national, et que les éléments non natifs menacent l'homogénéité de ce groupe.
L'autoritarisme, entendu comme la valorisation d'une société ordonnée et de la sanction des transgressions.
Le populisme, défini comme l'opposition entre un peuple présenté comme homogène et vertueux et des élites présentées comme corrompues.
Les auteurs distinguent alors une droite radicale, qui accepte le cadre démocratique et électoral, et une extrême droite au sens strict, qui le conteste. Cette distinction est centrale dans la littérature et rarement reprise dans le débat public.
L'emploi du terme est contesté à plusieurs titres, et ces objections existent.
Les partis ainsi désignés récusent le plus souvent la qualification, la jugeant polémique ou disqualifiante, et se définissent par d'autres termes, national, patriote, souverainiste, conservateur.
Des chercheurs relèvent que le terme agrège des mouvements aux doctrines et aux trajectoires très différentes, et que son usage journalistique est plus extensif que son usage scientifique.
D'autres soutiennent au contraire que la catégorie conserve une valeur analytique, précisément parce que ces mouvements partagent le faisceau de critères ci-dessus.
La question de savoir quels partis relèvent aujourd'hui de cette catégorie est donc l'objet d'un désaccord réel, et non d'un simple constat.
Des partis classés dans cette famille par la littérature académique sont présents dans la plupart des pays européens, avec des résultats électoraux très variables et des participations gouvernementales dans plusieurs États.
Les travaux comparatifs relèvent des convergences, priorité donnée à l'immigration et à la sécurité, critique des institutions supranationales, et des divergences importantes, notamment sur les questions économiques et sociales, sur la place de la religion et sur la politique étrangère.
La recherche propose plusieurs explications à la progression électorale de ces formations, généralement présentées comme complémentaires.
Les explications économiques : effets de la désindustrialisation, de la précarisation et des inégalités territoriales.
Les explications culturelles : réactions au changement des valeurs et aux transformations liées à l'immigration.
Les explications politiques : affaiblissement des partis de gouvernement, défiance envers les institutions, effets des systèmes électoraux.
Le poids relatif de ces facteurs fait l'objet d'un débat scientifique nourri, et aucune explication unique ne fait consensus.